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cuaderno de bitacora
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15 juillet 2008

EXPOSITION AU CHÂTEAU DES PORTES, JUILLET/AOUT 2008

Oisillon (Birdie)

oisillonweb

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15 juillet 2008

Jusqu'à mes quatre ans, je voulais être

Jusqu'à mes quatre ans, je voulais être astronaute. J'avais été captivée par des photos de types qui buvaient des  sphères volantes de jus d'orange à la paille.  Mais à partir du moment où l'on m'a appris à lire, j'ai déclaré que  ma future profession serait auteur et dessinateur de livres pour enfants.  Plus tard, j'osais moins le dire;  pourtant le Grand Rêve reste cela.

De temps en temps je rouvre les petits livres que l'on me lisait quand j'étais enfant en Oregon. Il y en a certains qui peuvent, avec l'efficacité d'un tapis volant, me ramener dans cette ancienne vie. Quand je revois ces petits dessins, je m'étonne qu'ils existent pour de vrai, qu'ils ne soient pas  disparus avec les imaginations de mon monde d'enfant.  On peut encore les voir et les sentir comme autrefois: sur le bout de la langue, il y a un goût de magie.

Sans doute les lignes nettes et les couleurs tranchées de ces livres ont aidé mon œil et mon cerveau encore jeune à développer leur perception du monde.  C'est pourquoi j'ai parfois  l'impression de vivre comme dans un livre pour enfant.  Je suis entourée de petites histoires touchantes et rigolotes. Elles donnent envie de les raconter.

Plus tard, en France, on m'a introduit au monde de la bande dessinée. Là, j'ai reconnu la même tendresse, le même  soin pour la beauté des contes qui n'avait jamais cessé de m'attirer à la section jeunesse de la bibliothèque. Si on réussit à trouver des BD  aux États-Unis d'où je viens, elles ont tendance à être noires et incompréhensibles.  En  France c'est complètement une autre culture : des histoires illustrées pour petits et grands, un média qui permet  d'aborder avec légèreté, des thèmes aussi bien tendres que amères. Pour une adepte du  dessin toute dépaysée qui ne maitrisait pas encore bien le français, les BD m'ouvraient des chemins.

Il y a quelques années, alors que je voyageais en Suède, je me suis fait enchantée par les dessins d'un certain Joan Bauer.   Il avait réussi à mettre l'imagination de son peuple sur papier: des forêts profondes garnies de mousse, des enfants  lumineux qui suivent des trolls, des compagnons animaux et des voyages nocturnes.  Ces images me faisaient rêver,  me rappelaient peut-être une esthétique inconsciente qui a survécu pendant des générations depuis que mes ancêtres ont quitté la Suède.  Plus tard j'ai appris que ses dessins était des illustrations pour de vrais contes; mais lorsque j'ai lu les histoires, j'ai été plutôt déçue.  Que des héroïnes blondes et princesses et des fins prévisibles.  Les  bouts d'histoires brumeuses que j'avais pu imaginer à partir des images me plaisaient beaucoup plus que les contes  traditionnels.

Cette exposition est donc une invitation à inventer.  Voici des scènes sans personnage, des personnages muets, des mots  sans image et des images qui n'offrent pas d'explication.  Un hommage aux contes inventés à côté du lit.  Un  refuge pour les héroïnes pas douces et les vilains personnages, qui m'ont toujours parue les plus intéressants à dessiner.

Je vous laisse donc imaginer la fin.


Until I was four, I wanted to be an astronaut.  I'd been charmed by photos of guys drinking floating spheres of orange juice with a straw.  But as soon as I was taught to read, I declared that my future profession would be author and illustrator of childrens' books.  Later, I didn't dare announce it quite so loud; even so, the Grand Dream rests the same.

Once in a while I reopen the little books they read to me when I was a kid in Oregon.  Some of them, with the efficiency of a flying carpet, can bring me back to that old life.  When I see those little drawings again, I'm astonished that they exist for reals, that they haven't disappeared with the imaginings of my child world.  I can still see them and feel them like before: on the back of my tongue there's the taste of magic.

Surely the clear lines and the bold colors in those books helped my young eyes and brain to develop their perception of the world.  Maybe that's why I sometimes feel like I live inside a children's book.  I'm surrounded by funny little stories.  They make me want to tell them.

Later, in France, I was introduced to the world of the graphic novel, the 'bande dessinée."  There I recognized the same tenderness, the same care for the beauty of the story that had never ceased to attract me to the kids' section of the library.  If you manage to find graphic novels in the U.S.A. I come from, they're often dark and incomprehensible.  In France it's another culture altogether: illustrated stories for small and big people, a media whose casualty permits it to approach even the most tender or bitter subjects.  For a homesick drawing nut who hadn't quite mastered the French language yet, the world of graphic novels could open doors.

A few years ago, as I traveled in Sweden, I became enchanted by the drawings of a certain Joan Bauer.  He had managed to capture the imagination of his people on paper: deep mossy forests, glowing children following trolls, animal companions and midnight voyages.  His images set me daydreaming; maybe they reminded me of a subconscious aesthetic that had survived the generations since my ancestors left Sweden.  Later I learned that the drawings were illustrations for actual stories; but when I read the tales I was disappointed.  Just a bunch of blond princess heroines and predictable endings.  I liked the foggy pieces of story I had imagined from the drawings much better than the actual folktales.

So this art show is an invitation to invent.  Voilà scenes with no characters, silent characters, words with no image and images that offer no explanation.  An homage to the stories invented by the bedside.  A refuge for unsweet heroines and bad guys, who for me have always been the most fun to draw.

There.  It's up to you to imagine the ending.

15 juillet 2008

Going north (au nord)

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15 juillet 2008

Bagane à la Baba Yaga

our small friend Aimée dubbed our cabin 'la bagane'.  So this is a portrait of our house... with the chicken feet that famously transport the house of the Russian kid-eating witch Baba Yaga.

notre toute petite copine Aimée appelle notre cabane 'la bagane.'  Voici donc un portrait de chez nous... avec les pattes de poule qui transportent la célèbre maison de la sorcière russe Baba Yaga.
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15 juillet 2008

La danse des abeilles (The bees' dance)

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15 juillet 2008

Dans la boulangerie (In the bakery)

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15 juillet 2008

Entre Guimets (In quotation marks)

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15 juillet 2008

Introduction, Plot, Conclusion

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15 juillet 2008

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15 juillet 2008

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15 juillet 2008

Fish Story (Conte de pecheur)

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15 juillet 2008

Pete, the Kangaroo and the Wallaby

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15 juillet 2008

Loup (Wolf)

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15 juillet 2008

Storytelling Tree (Arbre à raconter des contes)

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15 juillet 2008

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15 juillet 2008

LE PRIX LIBRE

J'ai décidé de mettre les dessins dans cette exposition à prix libre.  C'est à dire que j'invite les gens à décider de la valeur des dessins pour eux-mêmes, dans une échelle entre 25 et 100 euros.  C'est une démarche inhabituelle qui va bien avec cette activité peu courante d'être dessinateur.  Je me sens obligée de m'expliquer.

L'argent peut avoir une signification très variable selon les choix de vie des personnes. J'aimerais que tout le monde puisse se permettre d'incorporer des œuvres d'art dans sa vie, tant ceux qui en achètent souvent comme ceux qui ne se permettraient pas normalement une dépense pareille.  Dans mon propre style de vie, très peu d'argent peut être très signifiant; mais j'aimerais que le prix d'un œuvre se définisse plutôt par rapport aux ressources de l'acheteur.  La galerie prend souvent une commission, ce qui est le cas cette fois aussi.

Le prix d'un objet commercial aurait normalement un rapport avec le temps que l'on passe à le fabriquer.  Dans le dessin, pourtant, je pense que je ne pourrais jamais me permettre une salaire juste.  Je peux aussi bien passer une heure exclusivement à réfléchir sur un dessin qui ne verra jamais le jour, comme passer cinq heures à faire une cadre pour un dessin qui le mérite.  Il m'arrive, dans des moments éclairés, de passer  moins de temps sur les dessins qui finissent par être les meilleurs.  En plus, ceux que je trouve les plus beaux ne sont pas forcément les préférés des autres gens.

Je vois bien le danger de me dire, en dessinant, « celui-là sera à vendre, il faut qu'il soit beau. »  Mettre un prix libre m'aide à me débarrasser de ce risque. Je me permets donc la liberté de ne pas fixer des prix à mes œuvres.

Alors, c'est vous qui décidez.  En tous cas, merci beaucoup pour votre intérêt.

This time, I've put an unfixed price on the drawings in the show.  That means I invite people to decide for themselves the valor of a drawing, between 25 and 100 euros.  It's an uncommon approach, but being an illustrator is an uncommon profession.  I feel like I should explain myself.

Money can mean very different things depending on your lifestyle choices.  I'd like it if everyone could allow himself a little artwork in their life, people who often buy art and also those who normally wouldn't spend money on something like that.  In my own lifestyle, a very little amount of money can be very significant; but I'd like the price of a drawing to have more to do with the resources of the buyer.  Galleries often take a commission, as is the case this time.

The price of a commercial object would normally have something to do with the time one spends making it.  In the world of drawing, however, I don't think I could ever pay myself a fair hourly wage.  I can spend a whole hour doing nothing but thinking about a drawing that I'll never end up making, or five hours making a frame for a drawing that deserves it.  Sometimes, in brilliant moments, I spend the least time making the drawings that end up being the best.  What's more, the ones I find the most beautiful aren't necessarily the
same as the favorites of other people.

I can clearly see the danger of saying to myself, as I draw, "this one's to be sold, it has to be pretty."  Leaving the price open allows me to avoid this risk.  So, I allow myself the freedom to not put a price on my drawings.

So, you decide.  In any case, thanks very much for your interest.

15 juillet 2008

petits carnets et cartes

...and then, with all my little doodles, I made a bunch of little blank books and cards to sell.
spyglassunicornstoucantoschoolswing
pregnantladyrainyday
pierre
overthemoon
bunchafishheyoctopusmustachio
butterflychatsurplanetefishsautfoxhenfunnybugs
camelchatdedos


anglerfishbaby

birch

14 juillet 2008

PAPY FALY

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Ah ha!  The book I wrote in Wolof, on hotel stationary, during my last few days in Senegal, had corrected by a complete stranger, and carried around for five years...
So, this is the true story about all the trouble my 2-year old host brother got into.  The language is very simple, encompassing just about my entire vocabulary in Wolof.
Scroll down for the English and Wolof versions.

Ah ha!  Le livre que j'ai écrit en Wolof, sur le papier de l'hôtel, pendant mes dernières jours au Sénégal, et puis fait corriger par un inconnu, et trimballé pendant cinq ans...
Alors, l'histoire vrai des petits bêtises de mon frère Sénégalais de deux ans.  La langage est bien simple, puisqu'il inclut mon vocabulaire complet en Wolof.
Descendez en bas pour les versions Anglais et Wolof.


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14 juillet 2008

PAPY FALY (English)

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14 juillet 2008

PAPY FALY (Wolof)

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