cuaderno de bitacora

dessins, peintures, livres pour enfants et journal quotidienne en comic de la vie de julie lamberson, americaine en france drawings, paintings, kids' books and personal journal in comic by julie lamberson, american in france.

06 août 2009

artist

statement:oisillonweb


who's that?  why does she have such big feet?  is she standing in the sky?  that bird she's holding, is that the last bird in the world?


This is how I know when my painting is a success: like a little kid who can't read yet, you see that there is a story there and you start asking questions.  Don't expect me to answer them for you.  I want the stories to unroll themselves and wander around inside your head like daydreams.


The world of children's books has never lost its grip on me.  I open the cardboard books read to me when I was a kid with as much zest now as then.  Some of them, with the efficiency of a flying carpet, can carry me right back to that little life.  The bright drawings haven't faded, I can still see them and feel them as before; they exist for real!  On the back of my tongue there is the taste of magic.  This is the world I want to tend to and elaborate; I feel compelled to add my three-legged storks and elephant islands to the rumpus.


The venerated art of storytelling holds a special place in my soul.  I spin my own tales from time to time, when an errant story idea catalyses my pool of childhood memories.  I have self-published three childrens' books in as many languages. However, I put my greatest energies into illustration, sobered by the knowledge that with my paintbrush I am responsible for the equivalent of a thousand words.  In books of fairytales, I find myself flipping straight to the color prints, preferring the story in my imagination to the real one, often just another chronicle of a blond princess with a predictable fate.  Even in the opposite case, while savoring the choicest of tales ever told, I am acutely conscious that the pictures are what get me dreaming.


These past few years, as my drawings have undergone a lively evolution, they have been welcomed in several different bookstores and galleries.  At some point I realized I was creating an unusual product: original, framed drawings specifically intended to belong to children.  What an honor to be told, "This will be for my niece's birthday," or "We're buying this for the kids' room." Hanging for a few years above those sleepy heads, my work will be party and witness to the vital unfolding of the imagination.  This is how I started making illustrations for stories that don't exist, stories that are forgotten or that haven't been invented yet.  It seems essential to me that the questions should fizz in those minds-in-construction.


This pursuit of the unresolved plays a crucial role not only in my choice of subject matter, but also in the physical process of my drawing.  A great portion of my practice time is spent trying to lose control over what comes out: I draw in moving buses, or with my left hand, or with my eyes closed; I draw the shapes in clouds, I copy others' drawings and styles, I make my own Rorschach ink  splotches... all tricks for creating something I never would have come up with on purpose.  This is how I pursue my quest for the unstraight lines and bizarre creatures that will become fodder for whimsy. 


I work mostly with watercolor. It allows me a control just limited enough to facilitate the surprise and freshness of line I want to cultivate.  I can dish out that bright color so nourishing for the spirits of small and big people alike.

Complementarily, my other favorite medium is India ink, for its immediacy, each line possessing a sort of finality; and for the sobriety it shares with black-and-white photography, that minimalism which  accentuates texture and line in the absence of color.

You will also find me using oil pastels to fatten up the colors,

wheatpaste-and-tissue-paper supports for the tasty texture they provide,

or fountain pens, sometimes with water-soluble ink.


Without ever really stepping with both feet outside of the domain of childrens' illustration, I do dabble in: portraits of people, landscapes, or sketches of farm tools and other bumpy objects, and silly illustrations for websites, fliers, greeting cards, technical documents, recipe books, clothing and murals.


These days I live far from home and I find myself wanting to write letters end-to-end, to tell all the little tales that pepper my life daily.  I've started writing a cartoon sketchbook, a sort of perpetual letter addressed at large. The pages get scanned and posted on my website, where they make themselves comfortable next to images from my shows and books.  I cordially invite you to sample this digital smorgasbord.

Voilà-- this is the world I invent daily.  An endless hilly country tempting us to explore always a little bit farther, curling up under a tree at nightfall to make up our own bedtime stories.  A refuge for the unsweet heroines and tender bad guys who continually entice me to bring them to life.


I leave it to you to imagine what becomes of them.

déclaration d'artiste:


c'est qui ? pourquoi elle a de si grands pieds? elle est debout dans le ciel? l'oiseau qu'elle tient, c'est le dernier oiseau du monde?


C'est ainsi que je sais que ma peinture est réussie: comme un gamin qui ne peut pas encore lire, tu vois qu'il y a une histoire là-dedans et tu te mets à poser des questions. Ne compte pas sur moi pour y répondre. Je voudrais que les histoires se déroulent et se mettent à déambuler dans ta tête comme des rêves.


Le monde des livres pour enfants ne m'a jamais lâché. J'ouvre encore les livres en carton qu'on me lisait petite, avec toujours le même enthousiasme. Certains, avec l'efficacité d'un tapis volant, peuvent me ramener à la vie de ma petite enfance. Les dessins éclatants ne se sont pas ternis, je peux les voir et les sentir comme avant ; ils existent pour de vrai ! Un arrière-gout de magie reste sur ma langue. C'est le monde que je voudrais cultiver et élaborer ;  je me sens appelée à rajouter mes oiseaux à trois pattes et mes iles d'éléphant à cet univers.


L'art vénéré du conteur occupe aussi une grande place dans mon cœur.  Je tisse mes propres contes de temps en temps, à chaque fois qu'une idée errante vient chambouler mon grenier de souvenirs d'enfance.  Avec des entreprises de auto-édition, j'ai fait trois livres pour enfants en autant de langues. Néanmoins, je mets la plus grande partie de mon énergie et mon sérieux dans l'illustration, sachant que mon pinceau pèse plus lourd que mes mots. Lorsque j'ouvre un livre de contes, j'ai le réflexe d'aller directement aux images, préférant mon histoire  imaginaire à celle dictée par l'auteur, lassée de trop souvent rencontrer les mêmes chroniques de princesses blondes avec des fins prévisibles. Même dans le cas contraire, pendant que je savoure les plus beaux contes jamais écrits, je suis consciente que ce sont les images qui me font rêver.


Ces dernières années, au cours de la vive évolution qu'ont subie mes dessins à force de les travailler, ils ont été accueillis dans de multiples librairies et galeries. Je me suis alors rendue compte que j'étais en train de créer un produit peu commun : des dessins originaux, encadrés, destinés aux enfants. Quel honneur d'entendre : « Ce sera pour l'anniversaire de ma nièce », ou « On achète ça pour la chambre des enfants ». Suspendues quelques années au-dessus de ces têtes endormies, mes œuvres seront partie et témoin de l'éveil de leur imagination.  C'est ainsi que j'ai commencé à faire des illustrations pour des histoires qui n'existent pas, qui ont été oubliées ou pas encore écrites.  Il me semble essentiel que les questions foisonnent dans leurs esprits en construction.


Cette recherche du non résolu joue un rôle crucial non seulement dans le choix de mon sujet, mais aussi dans l'action même de dessiner. Une grande partie de ma démarche consiste à essayer de perdre le contrôle sur le résultat : je dessine dans un bus en mouvement, avec la main gauche, ou encore les yeux fermés ; je dessine les formes dans les arbres, je copie les dessins et les styles des autres, je fabrique mes propres taches d'encre Rorschach... Ces astuces me permettent de créer quelque chose d'inaccessible par les techniques classiques.  C'est ainsi que je poursuis ma quête de formes mouvementés et de créatures bizarres, à fin d'alimenter la fantaisie de mes tableaux.


Je travaille surtout avec de l'aquarelle. Ça ne me laisse qu'un contrôle partiel, facilitant ainsi le surpris et la fraicheur de ligne que je veux cultiver. J'aime proposer ces couleurs brillants si nourrissants pour les esprits des petits et des grands.

En complément, mon autre outil préféré est l'encre de Chine, pour son immédiateté, chaque trait possédant un caractère final ; et pour la sobriété qu'elle partage avec la photographie en noir et blanc, ce minimalisme qui accentue texture et ligne dans l'absence de couleur.

On peut aussi me voir utiliser des crayons à l'huile pour engraisser les couleurs,

des supports de papier mâché pour la texture goûteuse qu'il apporte,

ou encore des stylos plume, avec parfois de l'encre soluble à l'eau.


Sans jamais vraiment mettre les deux pieds hors du domaine de l'illustration pour enfants, je m'amuse des fois à faire des portraits, des paysages, à croquer des outils de ferme et autres objets biscornus, et autres illustrations rigolotes pour des sites Web, affiches, cartes, fiches techniques, livres de recettes, vêtements et fresques.


Actuellement j'habite loin de chez moi et me trouve souvent à vouloir écrire des lettres bout à bout, pour raconter toutes les petites histoires qui saupoudrent ma vie quotidienne. J'ai commencé à écrire un carnet en cartoon, une espèce de lettre perpétuelle adressée à tout le monde. Les pages sont scannées et postées sur mon site Web, ou elles se mettent au chaud aux cotés des images de mes expositions et livres. Vous êtes cordialement invités à gouter ce buffet informatique . 


Voilà le monde que j'invente tous les jours.  Un pays aux collines éternelles qui nous incitent toujours à les explorer un peu plus loin, et à se mettre à l'abri sous un arbre à la tombée de la nuit pour inventer nos propres contes.  C'est un refuge pour des héroïnes pas si douces et de tendres méchants, qui me supplient en continu de leur donner vie.

Je vous laisse imaginer leur devenir.



« Accueil  1